L'affaire des "Panama's papers" revient sur le devant de la scène. Et à nouveau le bal des vierges effarouchées ou des faux culs, c'est selon, s'emparent des médias. Et portant, il n'y a rien de nouveau. Je leur conseille, pour s'en convaincre, de lire ou relire le livre "Sans domicile fisc" des frères Eric et Alain BOCQUET (sénateur communiste - ancien député communiste). Le montant total des fraudes et optimisations fiscales est estimée à pas loin de 80 milliards d'euros par an pour la France. Cela fait plus que les intérêts de la dette; la dette n'existerait pas sans ces contournements de la loi.

Mais, qui dit paradis, dit également enfer : la France serait donc un enfer fiscal. Dans un article paru sur le site de La Tribune au titre évocateur "Et si la France devenait un paradis fiscal" , le libéralisme s'affiche ici sans retenue. L'auteur se lâche : "Plutôt que d'être un enfer fiscal, complexe, injuste et confiscatoire, la France devrait penser à devenir un paradis fiscal". Nous n'aurions pas d'autres solutions que de nous adapter pour devenir compétitifs pour attirer les investisseurs. On dirait du MACRON!
Leur liberté, c'est la liberté de leurs dollars ou euros. Notre liberté serait de nous asservir à leur taux de profit. Peu importe que nous ayons du mal à nous loger, nous soigner...

Dans sa composante légale (optimisation fiscale) ou illégale, le capital cherche par tous les moyens à éviter, contourner l'impôt. Cela n'est pas une vision bien révolutionnaire de la situation du monde. Il n'y a pas besoin d'être un grand spécialiste du marxisme pour comprendre que les grands investisseurs de ce monde ont constitué leurs patrimoines par héritage et/ou par prélèvement de la valeur ajoutée créée par le travail. Nous subissons donc une triple peine :

  • prélèvement à la source de la valeur ajoutée dans les entreprises
  • création de bureaux virtuels offshore pour y déclarer le plus gros des profits
  • mise en concurrence à l'échelle planétaire qui poussent à la destruction des protections sociales et environnementales.


La lutte contre l'évasion fiscale, n'est pas la priorité de nos gouvernants. Que le président de la Commission Européenne, Jean Claude JUNKER (1), soit l'ancien premier ministre du Luxembourg (2) en est l'exemple emblématique. L'évasion fiscale n'est que la partie immorale d'un système amoral.


(1) Jean Claude JUNKER a été élu au parlement européen avec les voix des conservateurs et des sociaux démocrates.
(2) Luxembourg est régulièrement cité comme étant un des principaux paradis fiscaux.